Le chemin familier du poisson combatif

Pour faire cette expérience
on place dans un aquarium
une cloison d’un bord à l’autre
percée en deux endroits
et une seconde au milieu
perpendiculaire et libre. Alors
en lui montrant une proie
on entraîne un poisson combatif
par le premier passage
le long de la seconde cloison
par le second passage
dans une ronde. Ensuite
voyant des proies à sa portée
il refera tout le détour. Ainsi
le jeune choucas retourne
à son point de départ
qu’il n’avait pas reconnu
en venant par l’autre côté.

Sorti. Il y a des pauses qui sont des coups de rame,
des longueurs parcourues les yeux fermés, les mains
dans les poches. Et même dans les tournants prévues,
toute une géométrie, une négociation inconscientes.
D’autres ont des aventures ; étonné de ne rien attendre
plus impatiemment qu’une heure libre, un prétexte
pour compliquer le chemin que j’emprunte tous les jours,
j’ai fait semblant de croire qu’il s’agissait d’une expérience.
Beaucoup seraient plus longs, comme le creusement
d’un tunnel, s’ils n’étaient aussi longs ; et leur point d’arrivée,
tout autre. Pour obtenir l’effet, la déviation voulus, j’ai décidé
de traîner en longueur les mouvements que je réprimais,
ralliant le même bord par la même promenade
et lui fixant comme but la rencontre de quelqu’un
que je ne connaisse pas. Soulagé d’avance que le seul
suspense, dans l’histoire, soit cette sorte, lâche.
Pas si facile de se convaincre que marcher se fait pas à pas,
qu’ici le modèle est le tact, non la vue. Après coup
j’imaginais un panorama déployé à mes pieds,
le trapèze jaune et blanc des V° et VI°
arrondissements, ses confins esquissés vert clair,
un trait noir, tremblant, gras comme celui d’une pointe
feutre. Ce sont au contraire les séquences
– l’enseigne du relieur, la grue , la blanchisserie,
le mur interminable de l’Institut des Jeunes Sourds,
la palissade en plastique vert et gris, les grilles, le bassin –
qui constituent le fonds de l’art de la mémoire.
Entre, une obscure opération relevant de la topologie,
de la zoologie. Lu des articles sur le sens de l’orientation,
les uns parlaient d’algorithme local, les autres
d’un flair de tout le corps, notamment musculaire.
Je monologue en route sur le ton contraint de la science
amusante, un cobaye autonome. La rue des Feuillantines,
la rue Saint-Jacques jusqu’à l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas,
la rue de l’Abbé-de-l’Epée jusqu’au jardin du Luxembourg
forment une gaine visuelle étanche qui m’imprime
le mouvement qui lui manque.

LE REGARD TATE LES PAROIS
la ville n’a pas de plan, on ne voit pas le plan
les signes de piste sont précis et discrets
on retient des images actives et leur ordre
tout peut s’apprendre ainsi par cœur
on avance mais on se demande, à certain moments, si vraiment
on avance mais on se demande, à certain moments, si vraiment
une enjambée vaut une phrase
le trajet n’a pas de dessin, on ne voit pas le dessin
les pas d’orientation sont des calculs myopes
on avance dans un tube capillaire onduleux
tout est compact opaque autour.

Rentré, comment ne pas rabattre les va-et-viens de la journée
sur le plan d’une table, mais comment tenir compte
de l’hésitation ? Sortir trahissait un trouble moteur,
marcher le confirmait puisque je n’allais nulle part,
mouvement intransitif pareil à d’autres, mentaux
mais tout aussi réels. L’idée idiote qu’il y aurait là-bas,
prés de l’allée du Séminaire, quelque chose ou quelqu’un
de très intéressant à observer, ou plus loin, au Rouquet.
Tremblement léger mais constant, dont la cause est tellement
futile qu’il accable, ou réjouit. La terre battue en attendant
et le long des pelouses une balustrade curieusement basse
à l’usage des pigeons. Lu sans comprendre grand-chose
un article de mathématiques sur les chaos déterministes,
l’expression m’a frappé, j’en ai grappillé d’autres.
Au milieu du passage clouté, rue de Vaugirard, un demi-tour,
puis tout se mit à bifurquer – franchir ou non une porte,
boire ou non quelque chose. Frappé surtout par une illustration.
Si l’on traçait sur une carte les déplacements d’un quidam
disons pendant un mois, on obtiendrait une pelote
du même genre : deux ou trois attracteurs, de grands écarts,
des excursions que rien ne préparait, qui n’ont pourtant
rien de fortuit. Certaines courbes semblent se recouvrir
parce que, précisait la légende, une dimension manque
au schéma. Retourné, donc, dans le jardin, poussé par une
réminiscence, sous prétexte de vérifier je ne sais quoi
je ne sais où. On n’hésite pas quand on est dégagé
des contraintes et des influences, mais quand leur nœud
m’entraînent souvent à mon insu, il m’arrive même
de refaire seul toute une conversation. Je m’égare
entre les plates-bandes, cherchant l’endroit, la phrase
exacts. Dans l’orangerie on réparait les chaises.

IL SUFFIT DE PLUSIEURS DEGRÉS DE LIBERTÉ, PLUSIEURS
fonctions, par exemple travail (&) promenade (&)
achats (&) rendez-vous, pour tracer ces lignes ex-
centriques mais toujours rattrapées, attirées par le pôle
d’un lieu sûr où leur écheveau se dévide. Il suffit
d’un écart minime dans les coordonnées
d’une escale, par exemple arrêté par un doute/visage/
détail d’une vitrine/variation dans la teinte
du ciel, pour faire extrêmement diverger deux
voies jumelles : arabesques, façons dont le marcheur
se déroute, le décor se délite. Il suffit
d’un retour quelconque, mais voulu
dans l’espoir par exemple de retrouver des clefs, ou
certaine chaise dans une parc, pour savoir
qu’il n’y a ni carrefour ni routine, ni choix
ni redite, car il est interdit de se croiser ; non que
les empreintes s’effacent, elles se creusent, le même coin
prenant, vu au travers d’un peu de temps, la profondeur
louche d’un film en 3D.

Tourné. La sortie rue de Médicis donnant sur un parterre
de spectateurs, je ne traverse pas naturellement.
De l’instant où l’on voit quelqu’un à celui où on le remet
il y a ce qu’on appelle une solution de continuité.
La lumière était normale, c’est-à-dire stable, diffuse.
J’ai aperçu une connaissance. Déçu, non par elle en particulier,
mais que ce fût une connaissance. Soudain, surimpression,
de celles qui donnent un faux relief aux endroits familiers,
puis ce visage s’emboîte. L’espace en est courbé, invaginé.
Ainsi la terre dans l’ombre ouverte du jardin, en haut,
là où les arbres sont très régulièrement plantés.
Elle attirait des rayons dans leurs mailles, non pour briller,
mais les briser, les avaler. Où qu’il se pose,
le regard que l’on voudrait droit, pour passer son chemin,
oblique en direction de ce visage. J’hésitais encore :
le petit tour ou le grand tour ? par la place Edmond-Rostand
ou bien en descendant vers le Théâtre de l’Odéon ? Ce visage
ne possédait aucune force d’attraction, seulement une densité
plus grande. Mes parcours ont aussi leurs pôles, un café jaune
dont le patron m’appelle par mon prénom précédé de
« Monsieur », un belvédère, une statue sur un pied. Les sensations
identiques s’y multiplient, élèvent la présence au carré,
puis refluent, sans retombées, vers leur source.
Mais ces arrêts sont demandés, inutile de s’appesantir.
L’ennui, avec une connaissance, c’est qu’il faut avoir l’air
surpris et entendu – toute une grimace. Lu un article
sur les trous noirs, aspirateurs que l’on ne peut s’empêcher
de trouver malfaisants. Les voitures arrivaient très vite,
nous restions face à face, chacun sur son bord.
Tant qu’à croiser quelqu’un, autant croiser un(e) inconnu(e).
Je n’attendis pas le feu rouge, je pris à gauche le long des grilles.

PLUS COURT CHEMIN
la lumière même
tourne
aux abords d’un amas
et tout
vue comprise
tourne avec.

Perdu. Il y a une piscine quelque part
et quelque part ailleurs un bowling enterré.
Dédale se dit d’un lieu dont on connaît les angles
comme si on les avait tracés jadis, mais où
on ne sait jamais où relativement on se trouve.
Derrière le Panthéon vers l’est, atteint cette fois
par les rues Monsieur-le-Prince et Soufflot : c’est là,
Q-17 dans l’Indispensable. La maxime la plus gaie
serait « tu ne sortirais d’ici que lorsque tu auras tout vu ».
Je crois savoir le nom de chaque ruelle entre
la rue Mouffetard et la rue Geoffroy-Saint-Hilaire
– la belle affaire. Sans cesse on monte et l’on descende,
et l’on dit : tiens c’était donc là. Pour pénétrer dans un dédale,
dans son idée, il faut en outre exclure l’éventualité
de tourner en rond. Ainsi le marchand de bois & charbon,
rue du Puits-de-l’Ermite, et donc la rue elle-même
m’ont toujours paru soit trop hauts, soit trop bas.
Lu un rapport sur les abeilles et les automates acentrés,
le voyage sans encombres d’un individu, d’une information,
a travers une ruche, un cerveau, un pays dont le plan
fait défaut. J’aime par-dessus tout les rituels, la myopie,
ce qui procède par élimination ou bien de proche en proche,
les yeux au ras du sol. La rue Mouffetard est une règle graduée
pout toute la zone, mais une règle dont les valeurs
– une librairie, le Roi du Café, le marché –
s’intervertissent dès que je tourne le dos.
La destination, pour une promenade méthodique,
est moins un point, celui disons où tourne la rue de la Clef,
que le remplissage des cases vides. On peut alors considérer
chaque tronçon comme une parenthèse. A la façon des touristes
qui font la Crète, j’ai fait cela. Tout à ma désorientation,
je n’ai vu personne qui m’ait vu, chasseur ni éclaireuse.
Rue de l’Epée-de-Bois des camions emportent les lettres.

AUX LIGNES DROITES ET AUX BOUCLES (AUX AVENUES ET AUX PLACES)
on préfère un réseau et au boulevard périphérique (au polygone)
les rues et leur fuite en avant (un arbre ou ce qui paraît tel
parce qu’en repartant de plus haut à chaque impasse
(selon le progrès de la sève dans les nervures d’une feuille)
il croît sans arrière-pensée par la pointe des branches)
du moins si l’on bat son quartier (une battue s’achève
lorsqu’on a parcouru tous les segments de rue
dans le deux sens) pour se prouver en suivant une règle
à chaque fourche (ne jamais emprunter le même dans le même)
et une stratégie à courte vue (celle d’Ariane Folle
entraîne sans cesse dans de nouveaux détours (ouvrir et dérouler)
ou bien (clore et rembobiner) celle d’Ariane Sage
pousse à revenir au plus vite sur ses pas)
qu’il est possible d’explorer (d’épuiser les possibles)
sans supposer de centre.

Descendu. La rive gauche serait piétonne, oisive
et la rive droite, affairée, desservie. De la ligne n° 1
je ne connais guère que le tronçon de Bastille à Concorde
où je prenais une correspondance le matin à 7 h 30
et le soir à 6 h. Muets, tous les visages sont beaux.
La tyrannie des employeurs s’appuie entre autres
sur le premier axiome d’Euclide. J’aime regarder les gens
par leur reflet sur la fenêtre, laisser la main sur le loqueteau
quand la portière se ferme, le bruit qu’il fait.
Le réseau souterrain est le contraire d’un labyrinthe.
Le matin les assis semblaient encore couchés ; le soir,
encore debout. Si la foule paraît indifférente, c’est
qu’elle est tout entière saisie par son propre spectacle.
A proprement parler, on ne peut pas se rencontrer
dans le bus ou le métro : on va dans la même direction.
Des yeux gelés, des yeux sur une photo prise au flash
qui à l’instant du déclic ne voient rien, ne se tournent
même pas vers le dedans, fixés au-delà de l’objectif
et du présent sur l’épreuve qui les révélera.
Dans la direction Mairie d’Issy, je m’arrêtais à Pasteur
sans avoir eu l’impression de changer de rive,
voire à Falguière, impatient de refaire surface.
Souvent on pense à l’arrivée, quelquefois au trajet,
presque jamais au véhicule. Métal et caoutchouc,
céramique sont aussi les matériaux de la plomberie.
La même terreur réduit un voyage à une translation,
un corps à un paquet ou à un pneumatique,
une foule au silence. Pourtant, avec le tête-à-tête
masculin-féminin et singulier-pluriel, dans un calme
qui n’était pas celui redondant d’une communauté,
il y avait un ensemble. Et il y en a toujours certains
dont les lèvres frémissent, qui cherchent leurs mots à l’aide
de flèches et de définitions, de règles arbitraires.
Je comptais les stations.

ON DIT L’HÉBÉTUDE
(le premier degré de la stupeur)
yeux grand ouverts
des mots croisés
le transport de la marchandise
la plupart restent cois, ensommeillés,
lors des aller
usages locaux, professionnels
mais le harassement
(hare, un cri pour exciter les chiens)
mains toutes calleuses
un mots-croisiste
les transports en commun
la majorité reste coite, exaspérée
lors des retours
l’usage écrit, oral, courant
on dit l’hébétude mais le harassement.

Remonté sur le tertre qui flanque la grande serre,
reprenant où j’avais coupé. Vaquer sans complément,
la tête et l’emploi du temps creux. Longé d’abord
le jardin jusqu’au quai Saint-Bernard pour entrer
par le bas, l’Antre des Fauves, la Vallée des Rapaces.
S’il faut se le représenter en route, ce n’est plus une carte
ni un panorama, mais un système circulatoire
aux contours lisses, comme le corps propre, parce que fictifs.
J’ai passé ici des centaines d’heures, la plupart en hiver,
la plupart le matin, conservant d’une fois sur l’autre
le ticket un souvenir. Silence vivant qui dure bien après,
à quoi la parole ne manque pas. Avec le Luxembourg,
les carrefours Cl-Bernard/Gay-Lussac et St-Michel/St-Germain,
avec encore quelques points collatéraux la ménagerie
forme le cadran légèrement déformé d’une boussole.
Trois pièces fermées, puantes, contenant d’autres pièces
fermées ; j’ai voué un culte successivement aux reptiles,
aux félines et aux singes. Le cadran serait de glace ou d’un verre
dépoli que pour la nième fois deux lames parallèles
graveraient sans l’entamer. Naïf mais naturel de croire
qu’ils trouvent leur cage étroite. Une lente évolution :
plus tard je voulais faire varan, puis tigre, enfin primate.
Toute cette circulation n’est qu’une façon de préluder ;
tout cet espace veiné, une antichambre. La sortie
définitive sera sans doute le fruit d’une ancienne
erreur. L’orang-outang roulait comme un ballon
sans me lâcher des yeux, nos regards décrivaient
les boucles sur la vitre embuée. Les premiers temps,
à peine touché le sol ou la cloison, il rebondit ;
adulte il s’avachit, lové dans un pneu de camion.
Il était midi, bientôt l’arrivée des enfants et le repli des bêtes.
Je suis passé sous la statue de Bernardin de Saint-Pierre.
J’ai poursuivi mon ascension jusqu’au belvédère de métal.

AYANT PASSÉ LE PLUS CLAIR DE SON TEMPS
A courir dans un trapèze
Dont le sommets sont deux croix
Et deux jardins gardés l’un par des lions en pierre
L’autre par des lions en vie
Traçant des 8 dans un trapèze
N’ayant rien vu rien su
Ayant fait des nombreuses haltes
S’étant penché sur des flippers dont le plan incliné
Avait le relief abstrait d’une vue aérienne
Du quartier qui formait ce trapèze
Où chacun à son tour suivrait sa pente naturelle
Pour accomplir sa figure libre en se hâtant vers la sortie
S’apercevoir devant l’obstacle
Qu’on est parti du mauvais pied.

Parti. L’idéal, ce serait une longue traite sans reprises
à laquelle on ne se ferait pas. En sortant du jardin
des Plantes je me suis engagé dans la rue Lacépède.
Passer inaperçu me fait positivement plaisir,
je ne comprends pas ceux qui pensent autrement.
Lu dans un guide de la faune sauvage d’Europe
des extraits d’un vieux traité sur les traces
plein de mots précis, inutiles, destiné aux chasseurs.
Qu’il n’en reste aucune, comme dans l’eau ; or
c’est apparemment le cas. Considérant ma promenade
comme déjà terminée, j’ai renoncé à mon projet de rencontre.
J’ai oublié en quoi il consistait au juste. En tout cas, il n’y a
pas de vestiges qui sautent aux yeux, d’alarme quand on passe
une porte, et c’est un soulagement chaque fois qu’on le note.
Ce jour-là dans la rue je n’avais de nouveau croisé
que des passants et des passantes. A moins d’être très sale
on n’y laisse rien de matériel. A moins d’être très beau
on ne leur laisse aucun souvenir. Après l’escalade du labyrinthe,
cette rue à trente degrés me fit peur. Un peu plus haut
une terrible voiture verte aspergeait les trottoirs.
Marcher sans bruit, être comme celui-là en face
– comme lui pour soi, comme soi pour lui –
dont l’image balayée persiste à peine quelques secondes.
Cet idéal n’est pas moins hypocrite qu’un autre.
Mais il en reste un si l’on a, comme il est dit sur la fenêtre
des taxis, un itinéraire préféré : une traînée indélébile,
imaginaire dans la mesure où ce dont elle émane
en est aussi le seul support. Car on ne reprend sa route
qu’avec une démarche empruntée, trop sûre
ou pas assez ; on marque mal. Il faudrait revenir
sans se rappeler, ou bien l’inverse. Au moment de tourner
dans la rue de Quatrefages, j’ai eu un moment d’absence.
Puis j’ai filé.

TRAIT HATIF SINUEUX
nécessaire
cheminant c’est-à-dire inventant son chemin comme suivi
ou le suivant comme inventé
alternative que disent le « son »
la courte rémanence
celle d’une courbe décrite en l’air par le bout brûlant d’un bâton
le « trac » de tout à trac c’est-à-dire la poursuite
du poursuivi, du poursuivant
deux en un fil tendu, tout en muscles
un corps et sa coulé c’est-à-dire son passage dans l’herbe
à travers une haie, ses foulées imprimées
dont les feuilles mortes, imprévisible
à peine visible malgré qu’il y laissât des plumes
des poils, des excréments
bave nacrée, épreintes et fientes, laissées, fumées
et des empreintes
marches, traces, pieds
le pas réglé sur le rythme précaire de teintes
d’odeurs subliminales
de minuscules changements internes
dans la peur, l’improvisation.

On peut donc dire que le chemin familier se présente
comme un filet fluide à l’intérieur d’une masse visqueuse.

***

Il cammino familiare del pesce combattente

Per fare questo esperimento
si metta in un acquario
una barriera da un bordo all’altro
bucata in due punti
ed una seconda in mezzo
perpendicolare e libera. Così
mostrandogli una preda
si trascina un pesce combattente
attraverso il primo passaggio
lungo la seconda barriera
attraverso il secondo passaggio
in un cerchio. In seguito
vedendo una preda alla sua portata
rifarà tutto il giro. Così
la giovane taccola ritorna
al punto di partenza
che non aveva riconosciuto
venendo dall’altra parte.

Uscito. Ci sono delle pause che sono dei colpi di remo,
delle lunghezze percorse con gli occhi chiusi, le mani
in tasca. E anche nelle svolte previste,
tutta una geometria, una negoziazione incoscienti.
Altri hanno delle avventure; stupito di non attendere nient’altro
più impazientemente di un’ora libera, un pretesto
per complicare il cammino che copro ogni giorno,
ho fatto finta di credere che si trattasse di un’esperienza.
Molti sarebbero più lunghi, come lo scavo
di un tunnel, se non fossero lunghi così; e il loro punto di arrivo,
tutt’altro. Per ottenere l’effetto, la deviazione voluti, ho deciso
di tirare in lungo i movimenti che reprimevo,
raggiungendo lo stesso bordo con la stessa passeggiata
e fissandone come fine l’incontro di qualcuno
che non conoscessi. Già sollevato che la sola
suspense, nella storia, sia di questo tipo, fiacca.
Non così facile convincersi che camminare si fa un passo alla volta,
che qui il modello è il tatto, non la vista. Alla fine
immaginavo un panorama aperto ai miei piedi,
il trapezio giallo e bianco del V e del VI
arrondissements, i suoi confini tratteggiati in verde chiaro,
un tratto nero, tremante, grasso come quello di una punta di
feltro. Invece sono le sequenze
– l’insegna del rilegatore, la gru, la lavanderia,
il muro interminabile dell’Institut des Jeunes Sourds,
la palizzata di plastica verde e grigia, le ringhiere, la vasca –
che costituiscono i giacimenti dell’arte della memoria.
In mezzo, un’oscura operazione che rientra nel campo della topologia,
della zoologia. Letti degli articoli sul senso dell’orientamento,
alcuni parlavano di algoritmo locale, gli altri
di un’intuizione di tutto il corpo, e specialmente muscolare.
Mi faccio un monologo per strada sul tono impacciato della scienza
da divulgazione, una cavia autonoma. La rue des Feuillantines,
la rue Saint-Jacques fino alla chiesa Saint-Jacques-du-Haut-Pas,
la rue de l’Abbé-de-l’Epée fino ai giardini del Luxembourg
formano un condotto stagno visivo che mi imprime
il movimento che gli manca.

LO SGUARDO SONDA LE PARETI
la città non ha una pianta, non si vede la pianta
i segni di pista sono precisi e discreti
si trattengono delle immagini attive ed il loro ordine
tutto si può imparare a memoria così
si va avanti ma ci si domanda, in certi momenti, se veramente
si va avanti ma ci si domanda, in certi momenti, se veramente
una falcata vale una frase
il tragitto non ha un disegno, non si vede il disegno
i passi per orientarsi sono dei calcoli miopi
si avanza in un tubo capillare ondulato
attorno è tutto compatto, opaco.

Rientrato, come non ridurre i va-e-vieni della giornata
sul piano di un tavolo, ma come tenere conto
dell’esitazione? Uscire tradiva un’inquietudine motrice,
camminare la confermava dato che non andavo da nessuna parte,
movimento intransitivo simile ad altri, mentali
ma comunque reali. L’idea idiota che giù ci sarà,
vicino all’allée du Seminaire, qualche cosa o qualcuno
di molto interessante da osservare, o più in là, al Rouquet.
Tremolio leggero ma costante, la cui causa è talmente
futile che ti abbatte, o rallegra. La terra calpestata in attesa
e lungo i prati una balaustrata bassa in modo curioso
a uso dei piccioni. Letto senza capirci granché
un articolo di matematica sui caos deterministi,
l’espressione mi ha colpito, ne ho raccolte altre.
In mezzo al passaggio pedonale, rue de Vaugirard, un mezzo giro,
poi inizia a biforcarsi tutto – oltrepassare o no una porta,
bere o no qualche cosa. Colpito soprattutto da un’illustrazione.
Se si tracciassero su una carta gli spostamenti di un tizio
nell’arco di un mese diciamo , si otterrebbe un gomitolo
dello stesso tipo: due o tre attrattori, dei grandi scarti,
delle escursioni che nulla preannunciava, che tuttavia nulla
hanno di fortuito. Certe curve sembrano coprirsi
perché, precisava la legenda, manca una dimensione
allo schema. Ritornato, allora, nel giardino, spinto da una
reminescenza, con il pretesto di verificare non so cosa
non so dove. Non si hanno esitazioni quando si è liberati
dalle costrizioni e dalle influenze, ma quando il loro nodo
mi guida spesso a mia insaputa, mi capita anche
di rifare da solo tutta una conversazione. Mi smarrisco
tra le aiuole, cercando il posto, la frase
esatti. Nell’aranciera riparavano le sedie.

BASTANO DIVERSI GRADI DI LIBERTÀ, DIVERSE
funzioni, per esempio lavoro (&) passeggiata (&)
acquisti (&) appuntamenti, per tracciare queste linee ec-
centriche ma sempre riacciuffate, attirate dal polo
di un luogo sicuro dove la loro matassa si dipana. Basta
uno scarto minimo nelle coordinate
di uno scalo, per esempio fermato da un dubbio/viso/
dettaglio di un vetrina/ variazione nella tinta
del cielo, per far divergere in modo estremo due
vie gemelle: arabeschi, modi in cui chi cammina
devia, l’ornato si sbranda. Basta
un ritorno qualunque, ma voluto
nella speranza per esempio di ritrovare delle chiavi, o
certe sedie in un parco, per sapere
che non c’è né incrocio né routine, né scelta
né ripetizione, perché è vietato incrociarsi; non che
le impronte si cancellino, si incrociano, mentre lo stesso angolo
prende, visto attraverso un po’ di tempo, la profondità
losca di un film in 3D.

Svoltato. Dato che l’uscita di rue de Médicis dà su una platea
di spettattori, non attraverso in modo naturale.
Dal momento in cui si vede qualcuno a quello in cui lo si riconosce
c’è quella che si chiama una soluzione di continuità.
La luce era normale, cioè stabile, diffusa.
Ho scorto una conoscente. Deluso, non da lei in particolare,
ma che si trattasse di una conoscente. D’un tratto, sovrimpressione,
di quella che danno un falso rilievo ai posti familiari,
poi questo vista si incastra. Lo spazio ne viene curvato, invaginato.
Così la terra nell’ombra aperta del giardino, in alto,
là dove gli alberi sono piantati molto regolarmente.
Attirava i raggi nelle loro maglie, non per brillare,
ma per spezzarli, inghiottirli. Laddove si posa,
lo sguardo che si vorrebbe dritto, per passare sul suo cammino,
devia in direzione di quel viso. Esitavo ancora:
il giro piccolo o il giro grande? attraverso place Edmond-Rostand
o piuttosto scendendo verso il Théâtre de l’Odeon? Quel viso
non possedeva alcuna forza d’attrazione, solamente una densità
più grande. Anche i miei percorsi hanno i loro poli, un bar giallo
il cui padrone mi chiama con il mio nome preceduto da
«Signor», un belvedere, una statua su di un piede. Le sensazioni
identiche si moltiplicano, elevano la presenza al quadrato,
poi rifluiscono, senza ricadute, verso la loro fonte.
Ma queste soste sono richieste, inutile appesantirsi.
La scocciatura, con una conoscenza, è che bisogna avere l’aria
surpresa e complice – tutta una smorfia. Letto un articolo
sui buchi neri, aspiratori che non ci si può impedire
di trovare infausti. Le macchine arrivavano velocissime,
restavamo faccia a faccia, ognuno sul suo lato.
Per incrociare qualcuno, tanto vale incrociare uno/a sconosciuto/a.
Non aspettai il rosso, presi a sinistra seguendo le ringhiere.

CAMMINO PIÙ CORTO
anche la luce
curva
nelle vicinanze di un ammasso
e tutto
vista compresa
curva insieme.

Perso. C’è una piscina da qualche parte
e da qualche altra parte un bowling sotterraneo.
Dedalo si dice di un luogo di cui si conoscono gli angoli
come se li si avesse tracciati un tempo, ma dove
non si sa mai dove ci trova relativamente.
Dietro il Panthèon verso est, raggiunto questa volta
da rue Monsieur-le-Prince e rue Soufflot: è là,
Q-17 nell’Indispensable. La massima più allegra
sarebbe «non uscirai di qui a meno di aver visto tutto».
Credo di sapere il nome di ogni stradina tra
La rue Mouffetard e la rue Geoffroy-Saint-Hilaire
– bella roba. Senza sosta si sale e si scende,
e si dice: eccola là dov’era. Per penetrare in un dedalo,
nella sua idea, bisogna inoltre escludere l’eventualità
di girare in tondo. Così il venditore di legno & carbone,
in rue du Puits-de-l’Eremite, e dunque la via stessa
mi sono sembrati sempre sia troppi alti, sia troppo bassi.
Letto un rapporto sulle api e gli automi acentrati,
il viaggio senza intoppi di un individuo, di un’informazione,
attraverso un alveare, un cervello, un paese la cui pianta
non c’è. Amo sopra ogni cosa i rituali, la miopia,
ciò che procede per eliminazione oppure passo per passo,
gli occhi al livello del suolo. La rue Mouffetard è una riga graduata
per tutta la zona, ma una riga i cui valori
– una libreria, il Roi du Café, il mercato –
si invertono nel momento in cui giro la schiena.
La destinazione, per una passeggiata metodica,
è meno un punto, quello diciamo in cui svolta la rue de la Clef,
che il riempimento di caselle vuote. Si può allora considerare
ogni tappa come una parentesi. Alla maniera dei turisti
che si fanno Creta, ho fatto questo. Tutto a mio disorientamento,
non ho visto nessuno che mi abbia visto, cacciatore o esploratrice.
In rue de l’Epée-de-Bois dei camion portano via le lettere.

ALLE LINEE DRITTE ED AI RICCIOLI (AI VIALI E ALLE PIAZZE)
è preferibile una rete e alla circonvallazione (al poligono)
le vie e le loro fughe in avanti (un albero o quello che sembra tale
perché ripartendo da più in alto ad ogni vicolo cieco
(secondo il procedere della linfa nelle nervature di una foglia)
cresce senza secondi fini attraverso la punto dei rami)
almeno se si batte il proprio quartiere (una battuta si ha
quando si sono percorsi tutti i segmenti di via
nei due sensi) per provare a se stessi che seguendo una regola
ad ogni bivio (non prendere lo stesso nello stesso)
e una strategia a corto raggio (quella dell’Arianna Folle
spinge senza sosta in nuove deviazione (aprire e svolgere)
oppure (chiudere e riavvolgere) quella dell’Arianna Savia
porta a ritornare al più presto sui propri passi)
che è possible esplorare (esaurire i possibili)
senza supporre centro alcuno.

Sceso. La rive gauche sarà da pedoni, oziosa,
e la rive droite, indaffarata, servita dai mezzi. Della linea n° 1
conoscevo a malapena il pezzo dalla Bastiglia a Concorde
dove prendevo una coincidenza il mattino alle 7,30
e la sera alle 6. Muti, tutti i visi sono belli.
La tirannia dei datori di lavoro si fonda tra le altre cose
sul primo assioma di Euclide. Mi piace guardare le persone
nel loro riflesso sul finestrino, lasciare la mano sul nottolino
quando le porte si chiudono, il rumore che fanno.
La rete sotterranea è il contrario di un labirinto.
Al mattino i posti a sedere sembravano ancora coricati; la sera
ancora in piedi. Se la folla sembra indifferente, è
perché è presa interamente dal suo proprio spettacolo.
A dire la verità, non ci si può incontrare
sull’autobus o nella metro: si va nella stessa direzione.
Occhi gelati, gli occhi di una foto presa con il flash
che al momento dello scatto non vedono niente, non si rigirano
nemmeno indentro, fissati al di là dell’obiettivo
e del presente sulla prova che li rivelerà.
In direzione Mairie d’Issy, mi fermavo a Pasteur
senza aver avuto l’impressione di cambiare riva,
oppure a Fulguière, impaziente di tornare in superficie.
Speso si pensa all’arrivo, a volte al tragitto,
quasi mai al veicolo. Metallo e caucciù,
ceramica sono anche dei materiali da idraulico.
Lo stesso terrore riduce un viaggio a una traslazione,
un corpo ad un pacchetto o ad un collo pneumatico,
una folla al silenzio. Tuttavia, con il faccia a faccia
maschile-femminile e singolare-plurale, in una calma
che non era quella ridondante di una comunità,
c’era un’insieme. E ci sono sempre certi
le cui labbra fremono, che cercano le loro parole con l’aiuto
di frecce e di definizioni, di regole arbitrarie.
Io contavo le stazioni.

SI DICE L’EBETUDINE
(il primo grado dello stupore)
occhi spalancati
delle parole crociate
il trasporto della merce
per lo più restano quieti, addormentati
al momento delle andate
usi locali, professionali
ma lo sfiancamento
(ah!, un grido per eccitare i cani)
mani tutte callose
un cruciverbista
i trasporti in comune
la maggioranza resta quieta, esasperata
al momento dei ritorni
l’uso scritto, orale, corrente
si dice l’ebetudine ma lo sfinimento.

Risalito sulla collinetta che fiancheggia la grande serra,
riprendendo da dove avevo tagliato. Svagarsi senza remore,
la testa e l’impiego del tempo libero. Costeggiato all’inizio
il giardino fino al quai Saint-Bernard per entrare
dal basso, all’Antre des Fauves, alla Vallée des Rapaces.
Se si deve rappresentarselo per strada, non è più una carta
né un panorama, ma un sistema circolatorio
dai contorni lisci, come il corps propre, in quanto fittizi.
Ho passato qui centinaia di ore, per la maggior parte in inverno,
per la maggior parte il mattino, conservando una volta con l’altra
il biglietto come ricordo. Silenzio vivente che dopo dura a lungo,
a cui la parola non manca. Con il Luxembourg,
gli incroci Cl-Bernard/Gay-Lussac e St-Michel/St-Germain,
con ancora qualche punto collaterale il serraglio
forma il quadrante leggermente deformato di una bussola.
Tre stanze chiuse, puzzolenti, che contengono altre stanze
chiuse; mi sono votato al culto successivamente dei rettili,
dei felini e delle scimmie. Il quadrante sarebbe di ghiaccio o di un vetro
smerigliato che per l’ennesima volta due lame parallele
incidessero senza intaccarlo. Ingenuo ma naturale credere
che trovino stretta la loro gabbia. Un’evoluzione lenta:
dopo volevo fare il varano, poi la tigre, poi il primate.
Tutto questa circolazione non è che un modo di preludere;
tutto questo spazio venato, un anticamera. L’uscita
definitiva sarà senza dubbio il frutto di un antico
errore. L’orangutan rotolava come un pallone
senza lasciarmi con lo sguardo, i nostri sguardi facevano
dei riccioli sul vetro appannato. I primi tempi,
appena toccato il suolo o la barriera, rimbalza;
adulto si affloscia, acciambellato in una gomma da camion.
Era mezzogiorno, presto l’arrivo dei bambini e la ritirata delle bestie.
Sono passato sotto la statua di Bernardin de Saint-Pierre.
Ho proseguito la mia ascensione fino al belvedere di metallo.

AVENDO PASSATO LA MAGGIOR PARTE DEL PROPRIO TEMPO
A correre dentro un trapezio
I cui vertici sono due croci
E due giardini guardati uno da dei leoni in pietra
L’altro da dei leoni in vita
Tracciando degli 8 in un trapezio
Senza aver visto nulla saputo nulla
Avendo fatto numerose soste
Essendosi sporti su dei flipper il cui piano inclinato
Aveva il rilievo astratto di una veduta aerea
Del quartiere che formava quel trapezio
In cui ognuno a sua volta seguirà un’inclinazione naturale
Per completare la sua figura libera affrettandosi verso l’uscita
Percepire davanti all’ostacolo
Che si è partiti con il piede sbagliato.

Partito. L’ideale, sarebbe una lunga tirata senza riprese
a cui non ci si abituerebbe. Uscendo dal Jardin
des Plantes mi sono introdotto in rue Lacépède.
Passare inosservato mi fa davvero piacere,
non capisco quelli che la pensano diversamente.
Letto in una guida della fauna selvaggia d’Europa
degli estratti di un vecchio trattato sulle tracce
pieno di parole precise, inutili, destinate ai cacciatori.
Che non ne resta nessuna, come nell’acqua; ora
è apparentemente questo il caso. Considerando la mia passeggiata
come già terminata, ho rinunciato al mio progetto di incontro.
Ho dimenticato in cosa consisteva negli effetti. In ogni caso, non ci sono
dei resti che saltano agli occhi, un allarme quando si passa
per una porta, ed è un sollievo ogni volta che lo si nota.
Quel giorno in strada non avevo incontrato di nuovo
che dei passanti e delle passanti. A meno di essere molto sporchi
non ci si lascia niente di materiale. A meno di essere molto belli
non si lascia loro alcun ricordo. Dopo la scalata del labirinto,
quella strada con trenta gradini mi fece un po’ paura. Un po’ più in alto
un’orribile macchina verde spruzzava i marciapiedi.
Camminare senza rumore, essere come quello lì di fronte
– come lui per sé, come sé per lui –
la cui immagine spezzata persiste per qualche secondo.
Questo ideale non è meno ipocrita di un altro.
Ma resta tale se si ha, come si dice sul finestrino
dei taxi, un itinerario preferito: una striscia indelebile,
immaginaria nella misura in cui quello da cui emana
ne è anche il solo supporto. In quanto non si riprende la propria strada
che con un passo presso a prestito, troppo sicuro
o non abbastanza; si dà una brutta impressione. Al momento di girare
in rue de Quatrefages, ho avuto un momento di assenza.
Poi sono filato via.

TRATTO AFFRETTATO SINUOSO
necessario
camminando cioè inventando il proprio cammino come seguendolo
o seguendolo come inventandolo
alternative che dicono il «suono»
la corta persistenza
quella di una curva descritta nell’aria dalla punta in fiamme di un bastone
il «trac» di tutto a un tratto cioè il sèguito
del seguìto, del seguente
due in un filo teso, tutto in muscoli
un corpo e la sua strisciata cioè il suo passaggio nell’erba
attraverso una siepe, le sue peste stampate
nelle foglie morte, imprevedibile
appena visibile malgrado ci abbia lasciato delle piume
dei peli, degli escrementi
bava perlacea, deiezioni e sterco, cacche, fumi
e delle impronte,
orme, tracce, piedi
il passo regolato sul ritmo precario di tinte
di odori subliminali
di minuscoli cambiamenti interni
nella paura, l’improvvisazione.

Si può dire dunque che il cammino familiare si presenta
come un filamento fluido all’interno di una massa vischiosa.

[Le chemin familier du poisson combatif / Pierre Alferi. – POL, 1992] [traduzione di Gherardo Bortolotti. Già apparsa su: L’Ulisse]











































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