UNE AVENTURE DE BATMAN À GOTHAM CITY (Seconda Puntata) / Christophe Fiat. 1999-2004

Christophe Fiat
UNE AVENTURE DE BATMAN À GOTHAM CITY (Seconda Puntata). 1999-2004

LE CYCLE DE LA BATMOBILE

batman dit que maintenant que sa batmobile de batman roule à plus de 200 km/h dans les rues noires et mal famées de gotham city ça va mieux pour lui à cause de la vitesse de la machine

batman qui est au volant de sa batmobile dit que batman ne broie plus du noir comme un cyborg et que la vitesse de la batmobile l’enivre

batman qui est au volant de sa batmobile dit que batman ne broie plus du noir comme un cyborg et que la vitesse de la batmobile l’enivre mais qu’il est très prudent à cause de la structure pulsionnelle de la batmobile qui peut provoquer des dégats

batman dit qu’il est très prudent en passant rapidement les vitesses de sa batmobile parce que la vitesse de sa batmobile l’enivre à cause de la technologie et de l’environnement de gotham city qui pousse l’homme à s’attacher à tous les machines

batman dit qu’il a une batmobile et un batcopter parce que la batmobile et le batcopter sont des machines de guerre technologique qui ont un caractère explosif

LE CYCLE DU BATCOPTER

le batcopter de batman qui vole s’avance tous feux éteints dans la nuit noire de gotham city dont le ciel a la couleur d’un écran de télévision

le batcopter de batman qui s’avance tous feux éteints dans la nuit noire est un batcopter qui est guidé par un radar de batcopter et par les lunettes infrarouges de batman

alors le batcopter de batman effectue un atterissage impeccable dans une clairière secrète au milieu des bois de gotham city à l’ouest du manoir de bruce wayne

batman est dans son batcopter

batman qui est dans son batcopter saute du siège du batcopter qui est tous feux éteints dans la nuit noire de gotham city et court dans la clairière secrète au milieu des bois de gotham city

quand batman saute batman court vite et sa cape noire de batman déploie vers un gros rocher de granit qui est planté au milieu d’une rangée de pins dans la clairière secrète au milieu des bois de gotham city

batman qui saute du siège du batcopter et qui court vite appuie sur une commande de sa ceinture de batman

quand batman appuie sur une commande de sa ceinture de batman on entend un grésillement

quand batman appuie sur une commande de sa ceinture de batman on entend un grésillement et le gros rocher qui est dans la clairière secrète au milieu des bois de gotham city à l’ouest du manoir du bruce wayne glisse sur ses gonds bien huilés parce que le rocher est un décor artificiel dans l’environnement de la ville de gotham city

batman dit qu’il a une bat mobile et un batcopter et une batcave parce que la bat mobile et le batcopter et la batcave sont des machines de guerre technologique

le gros rocher qui glisse sur ses gonds bien huilés dans la clairière secrète au milieu des bois de gotham city quand batman appuie sur une commande à sa ceinture est un décor artificiel qui révèle l’une des nombreuses entrées secrètes qui donnent sur la batcave de batman

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TRISTANO / Nanni Balestrini. 1966-2007

Tristano. [Versione unica]. 1966
Capitolo I [Paragrafo 2]

Cominciò a muoversi più veloce. Fino ad averne abbastanza. Be’ ti muovi. Riempii prima i bicchieri quindi attraversai lentamente il prato fino agli oleandri rosa che crescevano sulla riva. Questa veduta mostra un barlume di luce piuttosto debole verso l’altro con una striscia di zona oscura nel centro e una luce ancora più debole e diffusa verso il lato inferiore. Vuota il bicchiere e lo mette sul comodino. Dalla finestra. Uscì dal bagno le mani di lei si contrassero ed entrò sotto la doccia. C allontanandosi a nuoto descrisse un arco poi si voltò ritornò in linea retta verso di me e uscì dall’acqua. Non pioveva. In conseguenza dell’abbondante ricchezza di fito e zooplancton favorita anche dal fondo melmoso delle acque vivono numerose specie di pesci alcune originarie altre immesse tra cui i coregoni i salmerini i lucci gli agoni le carpe le tinche le alborelle i cavedani le anguille e le trote che sono assai ricercate per la bontà delle carni e possono raggiungere dimensioni notevoli. Camminò sul prato tra gli alberi. Tronchi e ceppi di pino di larice di betulla vengono spesso alla luce nelle torbiere 200 km più a nord dell’attuale taiga. Il suo colorito è molto pallido sembra nutrito in modo inadeguato per un simile terribile dispendio di energia. La guardò in viso. Non fa niente. Che m’importa di odiare. Tutto si svolge nello spazio delle lenzuola. Di lì si vedeva il lago e la strada. Allora che importa. Scostò le lenzuola. Adesso così va bene. Teneva le mani strette contro il petto incurante delle sue unghie appena laccate. A un certo punto. Che m’importa. Non c’è nessuna ironia. Verso la fine di ottobre ritrovò pian piano il sonno seppure a prezzo di sogni terrificanti.

Tristano. Copia PS4596. 2007
Capitolo II [Paragrafi 1-2]

Cominciò a muoversi più veloce. Fino ad averne abbastanza. Be’ ti muovi. Riempii prima i bicchieri quindi attraversai lentamente il prato fino agli oleandri rosa che crescevano sulla riva. Una traiettoria nella quale lo sguardo si perde trasportato dall’accelerazione e lo sfilare continuo le sovrapposizioni e gli intrecci delle immagini. Vuota il bicchiere e lo mette sul comodino. Dalla finestra. Uscì dal bagno le mani di lei si contrassero ed entrò sotto la doccia. C allontanandosi a nuoto descrisse un arco poi si voltò ritornò in linea retta verso di me e uscì dall’acqua. Non pioveva. In conseguenza dell’abbondante ricchezza di fito e zooplancton favorita anche dal fondo melmoso delle acque vivono numerose specie di pesci alcune originarie altre immesse tra cui i coregoni i salmerini i lucci gli agoni le carpe le tinche le alborelle i cavedani le anguille.

Circa sei mesi prima del colloquio il marito aveva avuto un diverbio col portinaio e era stato aggredito da questo alla presenza di C. C ricordava di avere sempre avuto crisi periodiche di nervosismo ma riconosceva tuttavia che il tipo di nervosismo che era seguito all’aggresione subita dal marito era diverso anche soggettivamente e associato al tremore alle mani. Poi sollevò il microfono. Il telefono squillò. Tornò nella stanza. Tornò al telefono. Tornò a sedersi sul letto. Guardò la sua faccia addormentata. Appoggiò il libro il comodino accanto al bicchiere. È sempre più difficile trovare dietro la pagina un cuore che batte. Io penso che quello che caratterizza la nostra generazione è una spiccata nostalgia per la giovinezza o per meglio dire una superstite disposizione ad essere giovani.

JE NE SAIS PAS SI FERNANDO PESSOA A VRAIMENT EXISTÉ / Emmanuel Hocquard, 1986

Emmanuel Hocquard
JE NE SAIS PAS SI FERNANDO PESSOA A VRAIMENT EXISTÉ / , 1986

Je ne sais pas si Fernando Pessoa a vraiment existé
(en admettant que nous sachions ce qu’exister veut dire),
mais je pense qu’il existe autant
que chacun de nous pense qu’il existe.
Et qu’en ce sens il est unique.
Non pas au sens où chacun de nous est unique
– ou croit l’être –
mais au sens où Fernando Pessoa est unique,
c’est-à-dire comme un géranium
au milieu d’autres géraniums,
c’est-à-dire comme tout le monde.

Ce qui le rend différent de beaucoup d’autres poètes
c’est son indifférence à tout,
y compris à la poésie et à l’indifférence.
Son indifférence n’est pas une pose, ni une attitude.
Elle est l’expression d’une intelligence en alerte.
Pour Fernando Pessoa, être intelligent c’est douter de tout,
y compris de l’intelligence et du doute,
c’est chercher à se défaire de ce qu’on a appris.
Fernando Pessoa manie son intelligence
comme le contrebandier de Valery Larbaud se sert
de son petit miroir de poche
pour s’assurer que les douaniers ne sont pas à ses trousses.
Je crois qu’il avait un regard de mouche.
Que ses yeux de mouche lui permettaient de tout voir
en même temps, une chose et son contraire,
plus quelque chose qui n’est pas exactement son contraire
et qui est, en fin de compte, la même chose.

En admettant que Fernando Pessoa ait jamais existé
(et que l’on soit tombé d’accord sur ce qu’exister veut dire),
je pense qu’il était ce qu’on pourrait appeler solitaire,
et qu’être solitaire comme j’imagine qu’il le fut
c’est être présent partout à la fois et présent nulle part,
c’est être en même temps tout le monde et personne.
Être Fernando Pessoa c’est être tout, à soi tout seul.
Et quelque chose qui a un rapport avec le sommeil.

T.S. Eliot avait besoin de Dieu pour aimer
et pour écrire ce qu’il a écrit.
La métaphysique donnait la nausée à Fernando Pessoa
parce que la métaphysique implique une dualité
qui lui soulevait le cœur.
Cette nausée de l’âme (qu’il entretenait
en écrivant ce qu’il écrivait)
lui fit écrire ce qu’il a écrit
jusqu’à ne plus pouvoir penser, jusqu’à cet épuisement
qui a un rapport avec le sommeil.

La dévorante banalité des choses quotidiennes
est son point de départ et son point d’arrivée.
Il ne prend pas une chose quelconque de la réalité de tous les jours
pour la monter en épingle et lui donner un sens
plus haut, ni aucun autre sens en dehors d’elle-même.
Il prend une chose banale qu’il expose un moment
à la lumière trompeuse de la métaphysique
pour la reposer, inchangée – ou presque –
dans la banalité dévorante des choses quotidiennes.

Seïgen Ishin affirmait qu’avant d’étudier le Zen
sous la conduite d’un bon maître
les montagnes sont des montagnes et les eaux sont des eaux.
Que, parvenu à une certaine vision intérieure de la vérité,
les montagnes ne sont plus des montagnes
et les eaux ne sont plus des eaux.
Mais qu’une fois atteint l’asile du repos,
de nouveau les montagnes sont des montagnes
et les eaux sont des eaux.
Je ne comprends pas très bien ce que cela veut dire,
mais je pense que Fernando Pessoa aurait été content
d’entrendre cela.

Sans l’ombre d’un doute, c’est autour de cela,
ou de quelque chose d’approchant, que tourne sa lucidité
et sa rhétorique de géranium.

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da RUBRICA / James Joyce. 1909-1912

N

Nora

“Dovunque tu sia lì sarà per me l’Irlanda”.

Mi ha detto: ammazzadonne, ecco quello che sei!

Parla della sua innocenza tanto spesso quanto io della mia colpa.

Porta busti flessibili.

P

Pappie

È un irlandese suicida.

Ha studiato medicina.

Non riesce a tenere accesa la pipa perché gli si è indebolito il muscolo buccinatorio.

La vigilia di Natale mi diede soldi per telegrafare a Nora, dicendo: “non ignarus malorum miseris soccorere [sic] disco”.

Una mattina si mise a suonare il violino a letto.

I suoi compagni di scuola erano: Tom O’Grady, Harry Peard, Mick Lacey, Maurice Moriartry, Jack Mountain, Joey Corbet, Bob Dyas, e Keevers dei Tantiles.

Definisce barile di budella un principe della chiesa.

I versi che cita più spesso sono:

Conservio è in vincoli! Nell’infima segreta
Giace, le membra strette da catene
Pesanti più di tre tonnellate.

Quando in vena satirica mi chiama figlietto e dice che devo pensare al mio Creatore e restituirgli l’anima.

A tavola offre il naso del papa.

Era fiero della sua abilità nel giocare a campana.

Chiama il canonico Keon faccia frigida e il cardinale Logue barile di budella. Se fossero laici ne condonerebbe il grasso rancido.

Quando si perde qualcosa chiede con aria complice:

Avete cercato nello scarico dei rifiuti?

Leggeva La gazzetta dell’alimentarista.

Chiede: Chi l’ha detto?

Leggeva La società moderna e La gazzetta dell’alimentarista.

Minacciò di farmi sentire l’odore dell’inferno.

Chiamò Eileen fottuta idiota recidiva.

Litigava coi miei amici.

Quand’è ubriaco compone strofette che contengono la parola peravventura.

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