Intervista con Emilio Isgrò. 2008

GAMMM: Su GAMMM, tra le altre cose, stiamo lavorando attorno all’idea di testo come installazione, in cui cioè il lavoro dell’autore è quello di proporre un ordine, esponendone la sintassi, eventualmente anche come ipotesi sull’ordine del mondo. Il nostro interesse per il suo lavoro è quindi ovvio: ragionando su testi-installazione non potevamo non guardare a delle installazioni-testo come le sue cancellature… Ci siamo chiesti cosa fossero esattamente queste cancellature, come fossero nate, come funzionassero.

Isgrò: La cancellatura non è una banale negazione ma piuttosto l’affermazione di nuovi significati: è la trasformazione di un gesto negativo in un gesto positivo. Ovviamente, perché le cancellature nascessero c’era bisogno di un clima favorevole e quindi, tutto sommato, è logico ritenere che la stagione delle avanguardie, nella quale mi sono formato, abbia direttamente o indirettamente sollecitato le mie prime ricerche. Tuttavia lo scandalo che hanno provocato le mie cancellature a metà degli anni ’60 si può spiegare solo con il fatto che si era verificato un salto qualitativo rispetto all’arte e alla sensibilità dell’epoca. Nel senso che la mia operazione rappresentò chiaramente la volontà di far coincidere una volta per tutte la negazione del linguaggio con la sua contestuale affermazione. Quello che cercavo di fare era abbandonare per sempre quella dimensione puramente negativa che, a torto o a ragione, sembrava indissolubilmente legata all’avanguardia novecentesca.

GAMMM: Ecco, questa compresenza di positivo e negativo, questa idea che dentro ad un testo ce ne sia un altro, e che l’intervento dell’autore serva a scoprire/istituire un ordine, ci sembra davvero la cosa più affascinante.

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Paul Vangelisti: una o due cose che so di lui / Luigi Ballerini

 

Per avviare un discorso critico, sia pure molto in limine, intorno all’opera poetica di Paul Vangelisti credo sia utile considerare secondo quali modalità stilistiche egli operi all’interno di una discorsività di stampo consequenziale. Con l’avvertenza che tale consequenzialità è, di norma, più formale che referenziale. Il ragionamento, in altre parole, è sì congruo, ma per motivi che nulla o poco (o solo di striscio) hanno a che fare con il concatenarsi degli avvenimenti da cui il testo trae spunto, Avvenimenti e premesse non sono dunque assunti da dimostrare, ma attuazioni, incarnazioni, della tensione che si instaura tra ciò che in quegli avvenimenti (e premesse) è nascosto e che il poeta è miracolosamente riuscito a raggiungere.

La prima modalità è quella, americanisssima, della ruvidità. Sono nudi, in Vangelisti, tanto la riflessione diegetica, quanto l’episteme che la sottende. Egli, per strano che possa sembrare, appartiene alla categoria degli scrittori hardboiled, insieme a Dashiell Hammett (The Maltese Falcon, Red Harvest, per intenderci) da cui Vangelisti raccoglie efficacia elocutiva e sostegno ritmico, e, soprattutto, Raymond Chandler (The Big Sleep, The Long Good-bye etc.) cui Vangelisti si è rivolto, in più di un’occasione, con spirito volutamente parodico. Nulla ha invece a che fare con i rodomonti della narrativa noire, tipo Mickey Spillane il cui personaggio più conosciuto, Mike Hammer, è cinico, violento, sbrigativo, e sembra sempre più interessato a pestare che a risolvere casi.

Credo che Vangelisti sia l’unico poeta hard-boiled d’America e dunque, forse, del mondo. Non solo Continue reading “Paul Vangelisti: una o due cose che so di lui / Luigi Ballerini”

PARLER CONTEMPORAIN / Jean-François Meyer. 2006

Jean-François Meyer
Parler contemporain


Il y a des gens qui parlent bien et d’autres qui parlent beaucoup. Ceux qui parlent mal ce sont ceux qui se taisent. Ils écoutent et ce faisant ils n’apprennent qu’à écouter encore plus. Ce sont donc toujours les mêmes qui parlent, ceux qui parlent bien et ceux qui parlent beaucoup ; mais ceux qui parlent bien, parlent aussi beaucoup et ceux qui parlent beaucoup, parlent bien, parce qu’à force de parler avec ceux qui parlent bien, ils se mettent à bien parler, sinon ils finissent par se taire. C’est la règle, parce qu’il n’y a qu’un vocabulaire et il est à ceux qui s’en emparent. Ce qui fait qu’ils ne sont pas nombreux à l’intérieur d’un vocabulaire trop vaste pour eux. Ils sont donc amenés à sélectionner un certain sous-ensemble afin de ne pas répéter bêtement les mots des générations précédentes, quitte à en forger de nouveaux si nécessaires. Or c’est nécessaire. Parce qu’avec les mots anciens, qui sont en fait les mots d’un passé récent, on ne se voit offert que deux possibilités. Soit on approuve et donc on ânonne des tautologies, soit on réprouve et donc on annule, on annihile ou on détruit. Or il ne s’agit ni de continuer, ni de détruire, mais de progresser. Il faut alors pouvoir utiliser les idées ou les concepts que recouvre le vocabulaire antérieur mais sans faire l’usage des mêmes vocables, puisque sans être absolument contre il est bien évident qu’on n’est pas d’accord. Chaque époque a donc son vocabulaire qu’on apprend qu’en parlant avec ses contemporains.

Il faut d’abord repérer ses contemporains dans une foule anonyme constituée de vrais anciens, d’anciens qui s’ignorent et de contemporains. Mais aussi de faux contemporains, toute une gamme de néo-anciens voire même de jeunes qui n’arrivent pas à atteindre la contemporanéité à cause de travers divers dont le principal est de ne pas avoir assez parlé avec les vrais contemporains. Le problème est donc de repérer les contemporains à moins d’accepter de s’enliser dans le statut d’ancien ou de néo-ancien.

À quoi se reconnaît le contemporain ?

Le contemporain se repère tout de suite c’est celui qui ne vous parle pas. Pourquoi perdrait-il son temps à discutailler avec des gens d’une autre époque qui de toute façon ne comprennent rien.

La meilleure attitude serait donc évidemment de s’approcher, d’écouter et de se taire si ce n’était la meilleure façon de ne jamais risquer de devenir véritablement un contemporain.

Donc c’est une formule intermédiaire qui est à conseiller. Quand on a repéré le contemporain on a du même coup acquis la capacité de discerner les sous-contemporain, ce langage lacunaire qui n’arrive pas à rassembler dans des formules concises les concepts essentiels de la contemporanéité la plus révolutionnaire et la plus subversive. C’est en se mêlant à cette frange tâtonnante mais studieuse qu’on apprendra le contemporain.


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JE NE PARLE PAS AU MONDE / Nicolas Chazel. 2006

Nicolas Chazel 

Je ne parle pas au monde

je ne parle pas au monde, je ne connais pas le monde, je ne suis pas visité par lui, en la matière je suis plutôt incompétent, il n’y a pas quelque chose dans le monde qui m’attire plus particulièrement, le monde m’angoisse un peu certains soirs, je n’ai pas le monde à mes pieds, je m’y sens plutôt maladroit, pas complètement concerné par le monde, le monde n’a pas non plus l’air d’être très au fait de mon existence, je ne joue pas un rôle majeur dans le monde, le monde pourrait se passer de moi, il n’y aurait pas de réunion extraordinaire du conseil de sécurité de l’ONU, le monde entier ne serait pas sous le choc de ma disparition, partout dans le monde on n’observerait pas une minute de silence avant le coup d’envoi des matchs de football, il n’y aurait pas une vague d’émotion sans précédent, il n’y aurait pas de funérailles nationales en présence de nombreux chefs d’états venus du monde entier, il n’y aurait pas d’élan mondial de solidarité, le monde entier ne serait pas sous le choc de ma disparition, il n’y aurait pas une foule immense et silencieuse venue rendre un dernier hommage, les témoignages de symphatie ne se multiplieraient pas dès l’annonce de la catastrophe, une commission d’enquête ne serait pas ouverte pour faire toute la lumière, je suis plutôt au bas de l’échelle du monde du point de vue de mon existence, le monde n’est pas très intéressé par mon existence, mon existence n’est pas primordiale, j’existe discrètement, j’existe dans le monde mais de façon non décisive, je me sens légèrement insignifiant, je suis là pour faire le nombre, je ne suis pas dans l’équipe titulaire du monde, c’est à peine si je figure sur la feuille de match du monde, je suis un porteur d’eau, je suis au monde ce que je suis dans la vie, c’est à dire au troisième rang sur la photo, à gauche, caché par des gens qui ont l’air d’être davantage au monde et de façon plus satisfaisante.

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da YOU ARE A LITTLE BIT HAPPIER THAN I AM / Tao Lin. 2006. I

 

October

At dinner your friend took your cell phone from your bag and took a photo of me and put your cell phone in your bag. Everyone noticed and I think everyone thought about it too but no one said anything even though anyone probably felt either good or bad or serious after thinking about it.

Someone said something about using dogs to fish for sharks and I sipped your drink and I said I felt drunk.

You stared at the left side of my face. You said you were going to make me uncomfortable. Your plan was to make me feel uncomfortable and you moved your face close to mine and stared and I felt serious and melodramatic because I wanted to turn and surprise you and kiss your mouth.

The waiter brought you another drink and the waiter left and you said you didn’t want another drink.

I said that I’ll have it and I said to give to me.

‘I don’t drink,’ I said.

‘Yeah you do!’ you said. ‘You told me you wanted to get drunk and throw things in Times Square.’

‘I don’t get drunk,’ I said. Continue reading “da YOU ARE A LITTLE BIT HAPPIER THAN I AM / Tao Lin. 2006. I”