a che cosa serve la lince? / denis roche. 1980

Denis Roche_ a quoi sert le lynx

https://www.scribd.com/embeds/302677585/content?start_page=1&view_mode=scroll&show_recommendations=true

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traduzione italiana di Alfredo Riponi
già in http://tysm.org/denis-roche/ (5 set. 2015)

e cfr. anche:
http://tysm.org/wp-content/uploads/2014/08/DENIS_ROCHE_A_quoi_sert_le_lynx.pdf
e
http://julienmannoni.blogspot.it/2012/04/muro-torto-la-villa-medicis-travaux.html

un anacronismo / christophe tarkos. 2001

 

Il riccio, il pipistrello, la talpa, la rana, il castoro, lo scoiattolo, la vipera, il daino, la marmotta, il gatto, il ratto nero, la pecora, la pantegana, il tasso, il coniglio, il toporagno, la tartaruga, la lontra, il cervo, il topo muschiato, il ghiro, la lucertola, il topo di campagna, la capra, il cavallo, la volpe, il lupo, il camoscio, la salamandra, il quercino, l’orso, la faina, la biscia, l’ermellino, l’orbettino, il maiale, la genetta, il topo, l’arvicola, il cinghiale, il visone, il rospo, il moscardino, il capriolo, la mucca, la puzzola, il gatto selvatico, il muflone, il tritone, la martora, lo stambecco, la lepre, il cane, il mulo, il topo, la donnola e l’asino, ecco non ci sono altri animali, gli animali sono tutti qui, sapendo a memoria il nome di tutti questi animali si sa che possiamo incontrare tutti gli animali che si sanno, l’intero gruppo di tutti gli animali incontrabili, questi sono tutti gli animali che esistono, non ci saranno brutte sorprese, timori particolari, conoscendo questo gruppo di animali a memoria si ha in un batter d’occhio il quadro completo di tutto quello che esiste e di tutto quello che può essere facile e conveniente e piacevole e divertente incontrare per caso mentre si fa una passeggiata, non si deve dare più importanza a questo piuttosto che a quello, sono tutti qui, non occupano molto spazio, si nascondono in mezzo all’erba, si allontanano appena ci si avvicina, scappano, corrono, sono timorosi, prendono la fuga, non li si può toccare, non li si può carezzare, hanno troppa paura, non capiscono cosa vogliamo da loro, se veniamo come cacciatori per ammazzarli oppure se veniamo da amici, hanno tutti la stessa forza d’esistenza, possiedono tutti la stessa intensità, distribuiti sul tappeto del loro nome iscritto sul quadro completo degli animali.

 

[Traduzione di Michele Zaffarano]

 

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Le hérisson, la chauve-souris, la taupe, la grenouille, le castor, l’écureuil, la vipère, le daim, la marmotte, le chat, le rat noir, le mouton, le surmulot, le blaireau, le lapin, la musaraigne, la tortue, la loutre, le cerf, le rat musqué, le loir, le lézard, le rat des champs, la chèvre, le cheval, le renard, le loup, le chamois, la salamandre, le lérot, l’ours, la fouine, la couleuvre, l’hermine, l’orvet, le porc, la genette, le mulot, le campagnol, le sanglier, le vison, le crapaud, le muscardin, le chevreuil, la vache, le putois, le chat sauvage, le mouflon, le triton, la martre, le bouquetin, le lièvre, le chien, le mulet, la souris, la belette et l’âne, voilà il n’y a pas d’autres animaux, ce sont là tous les animaux, en connaissant par cœur le nom de tous ces animaux on sait que l’on peut rencontrer tous les animaux que l’on sait, le groupe entier de tous les animaux rencontrables, tous les animaux qui existent sont ceux-là, il n’y aura pas de surprises malheureuses, de peurs particulières, en connaissant ce groupe d’animaux par cœur on a le tableau complet en un clin d’œil de tout ce qui existe et de tout ce qui est loisible et avantageux et agréable et plaisant de rencontrer au hasard d’une promenade, il n’y a pas à donner une place plus importante à l’un plutôt qu’à l’autre, ils sont tous là, ils ne prennent pas beaucoup de place, ils se cachent dans les herbes, ils s’éloignent dès que l’on s’approche, ils fuient, ils courent, ils sont peureux, ils prennent la fuite, on ne peut pas les toucher, les caresser, ils ont trop peur, ils ne comprennent pas ce qu’on leur veut, si nous venons en chasseur pour les tuer ou si on vient en ami, ils ont tous la même force d’existence, ils possèdent chacun la même intensité, répartis sur le tapis de leur nom inscrit sur le tableau complet des animaux.

 

notes / marcel duchamp. (1980)


68v. […]

Donner toujours ou presque, le pourquoi du choix entre 2 ou plusieurs solutions. (par causalité ironique).

L’ironisme. d’affirmation ≡ Différences avec l’ironisme négateur dépendant du rire seulement.

 

69rv. Texte – Donner au texte l’allure d’une démostration […]
[…]

 

  1. 771. […]

– […] arriver à une sorte de sténographie, évitant les longs développements, explication d’un mot quand elle est nécessaire, plutôt son équation sténographique qu’une triade = Éviter tout lyrisme formel. ; que le texte soit un catalogue –

clarté càd. choix de mots dont le sens ne prête pas à équivoque (ne pas confondre cette clarté avec l’étymologisme du mot.) éviter la recherche étymologique et se rapprocher du sens actuel des mots : employer les néologismes, argot…

– Répéter comme dans les démostrations logiques des membres de phrase entiers pour ne pas tomber dans l’hermétisme ; que toute idée, même la plus trouble, puisse être entendue clairement.

– Donner au texte l’allure d’une démostration en reliant les décisions prises par des formules conventionnelles de raisonnt inductif dans certains cas, déductif dans d’autres. Chaque décision ou événement du tableau devient ou un axiome ou bien une conclusion nécessaire, selon une logique d’apparence. Cette logique d’apparence sera exprimée seulement par le style (formules mathématiques etc. *) et n’ôtera pas au tableau son caractère de : mélange d’événements imagés plastiquement, car chacun de ses événements est une excroissance du tableau général. Comme excroissance l’événement reste bien seulement apparent et n’a pas d’autre prétention qu’une signification d’image (contre la sensibilité plastique).

(en marge) * les principes, lois, ou phénom. seront écrits comme dans un théorème dans les livres de géométrie. soulignés. etc.

– Employer la forme conditionelle dans le style : Faire aussi intervenir des présents, des imperfaits pour renforcer des démostrations – Le futur peut donner un ton ironique à la phrase –

 

 

Marcel Duchamp, Notes (1980),
Flammarion, Paris 1999 (2008: pp. 42, 46-47)

 

 

due parole sulla poesia / denis roche. 1995

 

Aprés Lautréamont, qui la torpille, et après Rimbaud, qui l’abandonne, la poésie aurait dû rester un exercice dangereux, occupé à fouiller les marges de l’inadmissible. Contestable et condamnable. Or, un siècle plus tard, force est de constater que c’est le contraire qui s’est produit : la poésie est redevenue un art de l’officiel, la gourmandise du petit-bourgeois, un refuge médiatique pour hommes politiques en mal d’électorat bien pensant, un hobby de centriste, un prix d’excellence relié en rouge, un revers de veston pour Légion d’Honneur, une qualification rassurante. Comme telle, je la nie, donc elle n’existe pas. Et je me pose bien au-delà de la seule position morale qui fut celle d’Adorno qui disait qu’après Auschwitz le recours à la poésie ne pouvait plus se justifier. Assez de sublime à bon compte!

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Dopo Lautréamont, che la silura, e dopo Rimbaud, che l’abbandona, la poesia sarebbe dovuta rimanere un esercizio pericoloso, intento a frugare i margini dell’inammissibile. Contestabile e condannabile. Ecco che, invece, un secolo più tardi, siamo costretti a constatare che è successo il contrario: la poesia è tornata a essere un’arte dell’ufficialità, un peccato di gola del piccolo borghese, un rifugio mediatico per uomini politici in cerca di elettori benpensanti, un passatempo per centristi, un premio d’eccellenza rilegato in rosso, un risvolto per la Legion d’onore, una qualifica rassicurante. Come tale, io la nego, quindi non esiste. E mi pongo ben oltre la posizione morale che fu di Adorno, il quale diceva che dopo Auschwitz il ricorso alla poesia non poteva più essere giustificato. Ne abbiamo avuto abbastanza, di sublime a quattro soldi!

 

*

Denis Roche, Intervista, in «artpress», n. 198, genn. 1995,
ora in
Les grands entretiens d’artpress. Denis Roche,
Imec éditeur, Parigi 2014, pp. 91-92.

Tr. it. per gammm: Michele Zaffarano

à tervuren le train pour bruxelles, à bruxelles le train pour copenhague… / christian dotremont. 1972

 

A Tervuren il taxi per Bruxelles, a Bruxelles il treno per Copenhagen, treno trasportato via nave sul Baltico, a Copenhagen il treno per Mjölby in Svezia, treno trasportato via nave sull’Øresund, a Mjölby il treno per Boden, a Boden il treno per Haparanda, a Haparanda il taxi per Tornio in Finlandia, a Tornio il treno per Rovaniemi, a Rovaniemi l’autobus postale per Ivalo, a Ivalo l’autobus postale per Kaamanen, a Kaamanen il cingolato postale per Sevettijärvi, da Sevettijärvi in poi soltanto slitte-barche, gli strappi delle slitte-barche trainate da una renna e anche la lentezza, finalmente assoluta, come se fossi morto, di avanzare da solo verso nient’altro che enormi la neve, il ghiaccio, gli astri e l’aria, così tanta aria che il mio respiro mi sospinge come se fossi vivo.

 

[logogramme, 1972, 54.5 x 73 cm.]

tr. it. Andrea Raos