sans faust / julien bal, térence meunier. 2013

Une performance en images et en sons
par Julien Bal & Térence Meunier

DURÉE
33 minutes

DATE DE CRÉATION
11 décembre 2011, aux Voûtes, Festival des cinémas différents et expérimentaux de Paris

FORMAT
Performance audiovisuelle et orale devant un public assis dans une salle obscure
(théâtre, cinéma ou semblable), en présence et acte des deux réalisateurs.

DESCRIPTIF
Performance en images et en sons par Julien Bal & Térence Meunier.

Fouille parmi les chutes d’un film en train de se faire, regards vers la matière écartée. Recomposition du film pour en retrouver les contours et son essence. Concert, lecture, dialogues, ambiances sonores, présentation Powerpoint , making-off et l’absence du Faust film. En écho à l’insatisfaction du personnage, les deux réalisateurs iront en quête de leur film.

Avec les soutiens de l’association MANIAC et Chrom Moss productions.

deux textes / khalid el morabethi. 2018

L’articulation

Articule. Comme par hasard, les neurones sont infatigables. Panda. C’est long. Articule. Je comprends maintenant comment ça fonctionne. Panda. C’est au ralenti. Articule. Je comprends que je vomis, que je répète, que je vomis. Panda. Que je répète. Articule. Que je vomis, que j’oublie, qu’il est là, que je répète, qu’il vomit sur mon visage. Panda. Je comprends que je suis là, que je l’appelle, que je répète, que je le sens, qu’il me répond. Articule. Je comprends comme ça marche, c’est au ralenti, c’est une habitude, je le sens, je comprends que ça déroule lentement. Panda. Les organes et les doigts, je comprends comment ils étranglent, je comprends comment ils fonctionnent. Articule. Et les portes et les murs. Panda. Et le vent, les mémoires et les carrés. Articule. Comme par hasard, c’est. Panda. Faux, beau, rat. Articule. Et il arrive. Articule. Je le sens, je vomis, je comprends maintenant, c’est beau. Panda. Il arrive, il répète, il vomit sur mon visage, il est. Articule. Grand comme. Panda. Ce n’est pas si grave, il me dit. Articule. *three butterflies*ce n’est pas si grave, je vomis. Panda. Je suis lié à une plante. Articule. Une ficelle, je comprends maintenant comment ça fonctionne, c’est long dans la gorge. Panda. Je suis lié à une habitude qui tourne dans le cerveau, il y a une ficelle dans le cerveau, je la sens, elle arrive, je le sens. Articule. Je suis une plante dans la gorge, c’est beau, je suis en fin bref, j’arrive. Panda. Je suis lié à un rideau, non, j’appelle, je suis lié à un chemin. Articule. Je suis lié à un rideau, oui, il m’appelle, il arrive, je suis lié une lumière dans le mur de la cuisine. Panda. Je suis lié à un cadavre dans la cuisine, j’arrive, ce n’est pas si grave, je suis li-é à. Articule. Oui, Je suis lié à un infatigable taureau, oui. Panda. Ce n’est pas si grave, j’arrive, je suis un taureau vulgaire. Articule. Je suis lié à un alphabet, oui, un nouveau, je le sens, il répète, je suis en fin bref, un alphabet. Panda. Il arrive, il habite le corps, je suis lié à un mur, un grand mur, une ficelle dans la lumière. Articule. Dans le grand, grand, magnifique mur. Panda. Cerveau. Articule. Cancer. Panda. J’arrive. Articule. Dans le cancer rouge. Panda. Je comprends maintenant les cent kilos. Articule. Grammes de mon âme. Panda. Et les kilomètres. Articule. Nous arrivons. Panda. Je comprends, il marche sur l’eau. Articule. Il arrive, c’est au ralenti, je comprends maintenant. Panda. Le mur.

*

Plus belle la vie

Je vois la lumière dans la viande. Je vois la lumière dans les yeux des cafards au moment de leurs morts. Je ne suis pas désolé. On me frappe. Je vois des cranes. Je vois des bâtons en bois. Je vois une vache jaune. Je vois des organes. Je vois un invisible. Je vois la personne qui n’est pas désolée. Je ne suis pas désolé. Je vois ce qui me donne des coups de points. Il n’est pas désolé. Je vois. On me frappe. Je vois un homme parfait. Qu’est-ce que je fais ? Je vois ce que je fais. Je vois un médecin qui étrangle les cafards, il ne veut pas les voir souffrir. Je ne suis pas désolé. Je vois des cheveux. Je vois un homme parfait dans l’eau. Il n’est pas désolé. Il sait nager. Je vois la lumière dans l’eau. L’homme est un poisson. On me frappe pour. Je vois. On me frappe pour. Je ne suis pas désolé. On me frappe pour que je voie la lumière Pour que je dorme. On me frappe pour que je dorme.


a che cosa serve la lince? / denis roche. 1980

Denis Roche_ a quoi sert le lynx

https://www.scribd.com/embeds/302677585/content?start_page=1&view_mode=scroll&show_recommendations=true

*

traduzione italiana di Alfredo Riponi
già in http://tysm.org/denis-roche/ (5 set. 2015)

e cfr. anche:
http://tysm.org/wp-content/uploads/2014/08/DENIS_ROCHE_A_quoi_sert_le_lynx.pdf
e
http://julienmannoni.blogspot.it/2012/04/muro-torto-la-villa-medicis-travaux.html

un anacronismo / christophe tarkos. 2001

 

Il riccio, il pipistrello, la talpa, la rana, il castoro, lo scoiattolo, la vipera, il daino, la marmotta, il gatto, il ratto nero, la pecora, la pantegana, il tasso, il coniglio, il toporagno, la tartaruga, la lontra, il cervo, il topo muschiato, il ghiro, la lucertola, il topo di campagna, la capra, il cavallo, la volpe, il lupo, il camoscio, la salamandra, il quercino, l’orso, la faina, la biscia, l’ermellino, l’orbettino, il maiale, la genetta, il topo, l’arvicola, il cinghiale, il visone, il rospo, il moscardino, il capriolo, la mucca, la puzzola, il gatto selvatico, il muflone, il tritone, la martora, lo stambecco, la lepre, il cane, il mulo, il topo, la donnola e l’asino, ecco non ci sono altri animali, gli animali sono tutti qui, sapendo a memoria il nome di tutti questi animali si sa che possiamo incontrare tutti gli animali che si sanno, l’intero gruppo di tutti gli animali incontrabili, questi sono tutti gli animali che esistono, non ci saranno brutte sorprese, timori particolari, conoscendo questo gruppo di animali a memoria si ha in un batter d’occhio il quadro completo di tutto quello che esiste e di tutto quello che può essere facile e conveniente e piacevole e divertente incontrare per caso mentre si fa una passeggiata, non si deve dare più importanza a questo piuttosto che a quello, sono tutti qui, non occupano molto spazio, si nascondono in mezzo all’erba, si allontanano appena ci si avvicina, scappano, corrono, sono timorosi, prendono la fuga, non li si può toccare, non li si può carezzare, hanno troppa paura, non capiscono cosa vogliamo da loro, se veniamo come cacciatori per ammazzarli oppure se veniamo da amici, hanno tutti la stessa forza d’esistenza, possiedono tutti la stessa intensità, distribuiti sul tappeto del loro nome iscritto sul quadro completo degli animali.

 

[Traduzione di Michele Zaffarano]

 

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Le hérisson, la chauve-souris, la taupe, la grenouille, le castor, l’écureuil, la vipère, le daim, la marmotte, le chat, le rat noir, le mouton, le surmulot, le blaireau, le lapin, la musaraigne, la tortue, la loutre, le cerf, le rat musqué, le loir, le lézard, le rat des champs, la chèvre, le cheval, le renard, le loup, le chamois, la salamandre, le lérot, l’ours, la fouine, la couleuvre, l’hermine, l’orvet, le porc, la genette, le mulot, le campagnol, le sanglier, le vison, le crapaud, le muscardin, le chevreuil, la vache, le putois, le chat sauvage, le mouflon, le triton, la martre, le bouquetin, le lièvre, le chien, le mulet, la souris, la belette et l’âne, voilà il n’y a pas d’autres animaux, ce sont là tous les animaux, en connaissant par cœur le nom de tous ces animaux on sait que l’on peut rencontrer tous les animaux que l’on sait, le groupe entier de tous les animaux rencontrables, tous les animaux qui existent sont ceux-là, il n’y aura pas de surprises malheureuses, de peurs particulières, en connaissant ce groupe d’animaux par cœur on a le tableau complet en un clin d’œil de tout ce qui existe et de tout ce qui est loisible et avantageux et agréable et plaisant de rencontrer au hasard d’une promenade, il n’y a pas à donner une place plus importante à l’un plutôt qu’à l’autre, ils sont tous là, ils ne prennent pas beaucoup de place, ils se cachent dans les herbes, ils s’éloignent dès que l’on s’approche, ils fuient, ils courent, ils sont peureux, ils prennent la fuite, on ne peut pas les toucher, les caresser, ils ont trop peur, ils ne comprennent pas ce qu’on leur veut, si nous venons en chasseur pour les tuer ou si on vient en ami, ils ont tous la même force d’existence, ils possèdent chacun la même intensité, répartis sur le tapis de leur nom inscrit sur le tableau complet des animaux.